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    Les loups

     

    Les oreilles dressées, silhouette figée
    Il est là, attentif, au moins bruit ambiant
    Parfait dans sa beauté et le poil scintillant
    Guettant quelque repas passant à sa portée.

    Seule son haleine chaude qui fuit comme une aura
    Trahit, sans qu’il le sache, un peu de sa présence.
    Mais tout à coup la neige qui craque sous des pas,
    Lui dit qu’il n’est plus seul dans son désert d’errance.

    Son flair a reconnu la tendre et douce odeur
    De sa louve amoureuse qui s’approche de lui.
    Leurs deux têtes se frôlent à l’orée de la nuit,
    Qui va les recouvrir de son manteau de fleurs.

    Les étoiles viendront se poser une à une,
    Sur leurs fourrures douces et soudain rapprochées
    Alors ils marcheront ensemble au clair de lune,
    Pour aller se blottir au creux de leur terrier.

    Ils y retrouveront, blottis et affamés
    Les jeunes louveteaux, fruits de leur tendre amour
    Et resteront cachés une partie du jour,
    Pour fuir les fusils fous des chasseurs endiablés.

    Au milieu de la nuit, il faudra ressortir,
    Pour chercher le repas des petits et des grands,
    Au péril de leur vie ils défieront le temps,
    Parce qu’il leur faut choisir entre vivre et mourir.

    Un jour, c’est presque sûr, l’un d’eux ne viendra pas
    Au rendez-vous du soir sous la lune attendrie
    Et l’autre devra seul le cœur triste et meurtri
    Rentrer près des petits et survivre à tout ça.

    © Marie Le Corre, 15 février 2006

     


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